06 juillet 2026 - 129 vues
Du 1er au 3 juillet 2026, Conakry est devenue la capitale régionale du dialogue sur les migrations, les diasporas et le développement.
La capitale guinéenne a accueilli l'atelier régional du programme CRPM II (Capitalisation des Réseaux et Partenariats pour les Migrations), réunissant des représentants institutionnels, des organisations de la société civile, des chercheurs et des acteurs de la diaspora venus de six pays africains : le Cameroun, les Comores, la Côte d'Ivoire, la Guinée, Madagascar et le Sénégal.
Organisée avec le soutien du FORIM (Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations) et de ses partenaires, cette rencontre régionale avait pour ambition de renforcer les synergies entre les États, les diasporas et les organisations de la société civile autour d'une conviction commune : les diasporas sont des acteurs stratégiques du développement durable et de la coopération internationale.
Un programme né d'un constat partagé
Le programme CRPM II est né de la nécessité de mieux accompagner les dynamiques migratoires en Afrique de l'Ouest et dans l'océan Indien. Face aux défis liés à la mobilité, au retour volontaire et à la réintégration, il propose une approche fondée sur le dialogue, les droits humains et la coopération entre les différents acteurs.
Trois objectifs majeurs structurent ce programme :
- Renforcer la mobilisation des diasporas comme partenaires du développement économique, social, culturel et institutionnel de leurs pays d'origine ;
- Développer un dialogue régional entre États, collectivités, chercheurs et organisations de la société civile afin de partager les bonnes pratiques et construire des politiques publiques plus inclusives ;
- Appuyer une réintégration durable des personnes de retour, fondée sur le volontariat, la dignité, l'accompagnement économique et l'inclusion sociale.
La Guinée, pays hôte d'un dialogue exemplaire
En accueillant cette rencontre régionale, la Guinée a démontré sa volonté de placer les questions migratoires et la mobilisation de sa diaspora au cœur de ses priorités nationales.
L'organisation de l'événement a été unanimement saluée par les délégations présentes, tant pour la qualité des échanges que pour la mobilisation des institutions guinéennes.
Une mention particulière revient à la Direction Générale des Guinéens de l'Étranger (DGGE), dont l'engagement, la disponibilité et le professionnalisme ont largement contribué au succès de cette rencontre. Son implication a illustré la volonté des autorités guinéennes de construire une politique de la diaspora plus structurée, plus inclusive et davantage tournée vers le développement.
La cérémonie de clôture, présidée par le Ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration africaine et des Guinéens établis à l'étranger, a réaffirmé cette ambition et appelé au renforcement des partenariats entre les États et leurs diasporas.
Des échanges riches autour des enjeux du retour
Dès l'ouverture des travaux, Khady Sakho, représentant le FORIM, a posé les fondements du débat :
« Il n'est pas possible de parler de mobilisation des diasporas sans droits, sans citoyenneté et sans prendre en compte la diversité de leurs réalités. »
Avec ses partenaires, le FORIM a rappelé une position forte : le retour doit demeurer un choix libre et éclairé, jamais une contrainte politique ou administrative.
Les discussions ont ainsi permis d'identifier plusieurs priorités :
- élaborer des politiques publiques adaptées aux réalités des migrants ;
- mieux coordonner les dispositifs d'accompagnement ;
- reconnaître pleinement la contribution économique, sociale et citoyenne des diasporas ;
- renforcer les mécanismes de coopération entre pays d'origine et pays de résidence.
Une méthodologie participative
L'un des points forts de cette rencontre résidait dans son approche participative.
Au fil des trois journées, plusieurs temps d'échanges ont rythmé les travaux :
- une introduction thématique sur les enjeux de la mobilisation des diasporas ;
- une session consacrée au point de vue de la société civile sur les politiques de retour ;
- des travaux en groupes réunissant institutions, organisations de la société civile et chercheurs ;
- des jeux de rôle simulant l'accueil d'un représentant de la diaspora par une institution publique ;
- une présentation du point de vue institutionnel de la Guinée face aux défis de la mobilisation de sa diaspora ;
- un débat intitulé « Diasporas : entre héritage, nouvelles voix et leviers d'influence » ;
- plusieurs ateliers thématiques portant sur les outils de mobilisation, les priorités d'action et le rôle des institutions.
Les participants ont ensuite présenté les résultats de leurs ateliers avant d'aborder la préparation du futur Salon des Diasporas ainsi qu'un état des lieux des politiques migratoires dans chacun des six pays participants.
Les diasporas, des partenaires incontournables
Au-delà des questions migratoires, cet atelier a rappelé une évidence : les diasporas ne sont plus seulement des communautés vivant à l'étranger ; elles sont aujourd'hui des acteurs économiques, culturels, diplomatiques et sociaux incontournables.
Leurs investissements, leurs compétences, leurs réseaux internationaux et leur capacité d'innovation représentent un levier majeur pour accompagner les politiques publiques et accélérer le développement des territoires.
Le défi consiste désormais à transformer cette richesse humaine en véritables partenariats durables, fondés sur la confiance, la reconnaissance et la co-construction.
Une nouvelle étape pour la coopération régionale
L'atelier régional de Conakry marque une étape importante dans la consolidation d'une gouvernance des migrations plus humaine, inclusive et concertée. En réunissant institutions publiques, organisations de la société civile, chercheurs et représentants des diasporas, le programme CRPM II démontre qu'il est possible de construire des réponses collectives aux défis migratoires, loin des approches exclusivement sécuritaires.
Au-delà des recommandations formulées, cette rencontre a permis de renforcer les liens entre les six pays partenaires, de partager des expériences inspirantes et de faire émerger des pistes d'action concrètes pour une meilleure mobilisation des diasporas au service du développement.
Les participants ont également pris rendez-vous pour la quatrième rencontre régionale du programme CRPM II, qui se tiendra en 2027 aux Comores. Ce prochain rendez-vous permettra de poursuivre le dialogue engagé à Conakry, d'évaluer les avancées réalisées dans chaque pays et de consolider les engagements en faveur d'une coopération régionale toujours plus forte autour des enjeux de mobilité, de retour volontaire, de réintégration durable et de valorisation des diasporas.
L'édition de Conakry restera ainsi comme une étape marquante d'un processus régional appelé à se renforcer au fil des années, avec la conviction que les diasporas constituent un véritable pont entre les continents et un levier stratégique pour le développement de l'Afrique.
« Une diaspora n'est pas une population éloignée de son pays ; c'est une nation qui continue de construire son avenir au-delà de ses frontières. Et lorsque les États, les citoyens et les diasporas avancent ensemble, les frontières deviennent des passerelles vers un développement partagé. »

Pour la CAGF - Alpha BAH
Président par Intérim
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