Zo’Okomo Thierry Ndinda : quand la musique devient un langage de transmission, de paix et de vivre-ensemble

À Strasbourg, certains parcours artistiques dépassent largement le cadre de la scène. Celui de Zo’Okomo Thierry Ndinda en est une belle illustration.

Musicien professionnel, chef de chœur, coach vocal, auteur-compositeur-interprète et directeur artistique, cet artiste originaire du Cameroun a fait de la musique bien plus qu’un métier : un outil de transmission, d’éducation, de création de lien social et de rapprochement entre les cultures.

Un artiste au service de la transmission

Depuis 2010, Zo’Okomo Thierry Ndinda assure la direction artistique et musicale des Sun Gospel Singers, dont il est le chef de chœur.

À travers le gospel, les negro spirituals et différentes expressions musicales, son travail s’inscrit dans une démarche de rencontre entre les cultures et de transmission aux nouvelles générations.

Mais son engagement ne s’arrête pas à la scène.

Il est également à l’origine de l’Espace Jalmik – Cité des Arts du Monde, une structure qui place les arts au cœur de l’éducation et du lien social.

L’objectif est simple mais profondément ambitieux : rendre la pratique artistique accessible, notamment aux enfants et aux habitants des quartiers populaires, et faire de la culture un espace de rencontre.

Aller vers les enfants plutôt que d’attendre qu’ils viennent

L’une des particularités de cette démarche est de porter la musique directement au cœur des quartiers.

Avec ses initiatives et notamment sa caravane musicale itinérante, Espace Jalmik permet aux enfants et aux habitants de découvrir différents instruments, de s’initier à la pratique musicale et de rencontrer des artistes.

Cette approche défend une conviction forte : la culture ne doit pas être réservée à ceux qui ont déjà accès aux lieux culturels. Elle doit aller vers les publics et créer des opportunités là où elles sont nécessaires.

C’est précisément dans cette logique que Zo’Okomo Thierry Ndinda s’est retrouvé, le 13 août 2026, place André Maurois à Hautepierre, pour faire découvrir les instruments de musique aux enfants.

Une initiative qui illustre parfaitement sa philosophie : transmettre par l’expérience, éveiller la curiosité et permettre à chacun de découvrir son potentiel.

Un pont entre l’Afrique et l’Europe

Le parcours de Zo’Okomo est également marqué par une volonté de créer des passerelles entre son pays d’origine, le Cameroun, et la France.

Son engagement s’est notamment traduit par des projets autour du Conservatoire des Arts d’Afrique Jalmik à Yaoundé-Ekoumdoum, avec l’ambition de transmettre aux jeunes les bases des arts et du patrimoine africains.

Cette dimension donne à son action une portée particulière : préserver les savoirs et les pratiques culturelles tout en permettant leur transmission et leur évolution auprès des nouvelles générations.

Une pédagogie fondée sur le corps, le rythme et la voix

Zo’Okomo Thierry Ndinda a également développé une approche pédagogique appelée « JAL », basée sur la rencontre entre danse, rythme et souffle, avec une place importante accordée à la transmission orale.

Cette méthode rappelle que la musique ne se résume pas à l’apprentissage d’un instrument ou à la maîtrise d’une technique.

Elle mobilise le corps, la mémoire, l’écoute, la respiration et la relation aux autres.

L’art devient alors un moyen de développer la confiance en soi, l’expression personnelle et la capacité à évoluer dans un collectif.

Quand l’art devient un outil de paix

Le parcours de Zo’Okomo Thierry Ndinda est également marqué par une réflexion sur le rôle de l’art dans la société.

Après les attentats de 2015, il a renforcé son engagement dans l’enseignement musical et la création de lien social, convaincu que la pratique artistique pouvait contribuer à créer des espaces de rencontre et de dialogue.

Cette conviction se retrouve également dans son travail artistique.

Avec « Do not live by the sword », il porte notamment un message en faveur des enfants victimes des conflits et de la violence, dans une démarche associant musique, solidarité et sensibilisation à la protection de l’enfance.

Un parcours qui s’inscrit pleinement dans l’esprit de Wewe Ni Nani ?

Invité de Wewe Ni Nani ? – Le rendez-vous du débat et du leadership sur Radio Ylla, Zo’Okomo Thierry Ndinda représente parfaitement l’esprit de cette émission.

Car la question « Wewe Ni Nani ? » – « Qui es-tu ? » ne cherche pas uniquement à connaître le métier ou le parcours d’une personnalité.

Elle cherche à comprendre ce qui construit un individu, ce qu’il choisit de transmettre et l’empreinte qu’il souhaite laisser dans la société.

À travers son parcours, Zo’Okomo pose plusieurs questions essentielles :

Pourquoi la musique ?
Pourquoi transmettre ?
Pourquoi aller vers les enfants et les quartiers ?
Quelle place donner aux cultures africaines dans la société française ?
Comment transformer l’art en outil de dialogue et de paix ?

Donner aux enfants la possibilité de rêver

L’une des forces de son engagement réside peut-être dans cette volonté de permettre aux enfants de découvrir un univers auquel ils n’auraient pas forcément accès.

Un instrument entre les mains d’un enfant peut devenir bien plus qu’un objet musical.

Il peut devenir une porte vers la créativité, une source de confiance, un moyen d’expression et parfois même le début d’une vocation.

C’est là que l’action culturelle prend toute sa dimension sociale.

Un artiste, mais surtout un bâtisseur

À travers son parcours, Zo’Okomo Thierry Ndinda apparaît comme un bâtisseur de passerelles : entre les générations, entre les quartiers, entre l’Afrique et l’Europe, entre les cultures et entre les individus.

Son message pourrait se résumer en une conviction : la culture n’est pas seulement ce que l’on reçoit, c’est aussi ce que l’on transmet.

Et lorsqu’elle est partagée, elle devient un formidable outil pour construire le vivre-ensemble.

Radio Ylla – La Voix Afro de Strasbourg
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« Un instrument peut produire une mélodie, mais entre les mains d’un enfant, il peut aussi ouvrir une porte vers un avenir nouveau. »

Pour la Radio Ylla - Alpha BAH